La sociologie est un sport de combat (2001)
Merci Manu!
[...]
Mme la présidente: La parole est à M. Patrick Bloche, pour défendre l’amendement 468.
M. Patrick Bloche: Permettez-moi, madame la présidente, de faire une mise au point concernant une de mes interventions récentes. Vendredi soir, évoquant les figures légendaires de la télévision, j’ai cité aux côtés de Nicolas, Pimprenelle et Zébulon, « Casimir le petit canard ». Devant cette erreur, causée par la fatigue, à la fin de la troisième semaine de nos débats, Mme la ministre a profité d’une suspension de séance pour me signaler que le petit canard était Saturnin et non Casimir. J’ai également reçu un mail relevant mon erreur de la part des animateurs du site Génération Casimir. Je présente donc des excuses publiques à toutes celles et tous ceux que j’ai pu choquer en confondant Casimir et Saturnin. (Sourires.)
M. Franck Riester: J’espère que les Français sauront quelle épouvantable erreur vous avez commise !
M. Michel Herbillon: Vous devriez présenter des excuses à Casimir en personne !
M. Patrick Bloche: Il faut savoir reconnaître ses torts, chers collègues de la majorité. Et si vous le faisiez plus régulièrement, ce projet de loi aurait peut-être des chances de ne pas être adopté.
Pour ce qui est de l’amendement n° 468, je souligne qu’il s’agit d’un amendement de repli qui a toute sa pertinence. Vous avez fait le choix d’officialiser la pratique du placement de produit et M. le rapporteur, que je remercie de son honnêteté, a bien précisé qu’il s’agissait d’une possibilité offerte par la directive et non pas d’une obligation liée à sa transposition. Le placement de produit n’est en effet pas considéré comme un principe mais comme une dérogation.
Pour encadrer ce système dérogatoire, Didier Mathus a présenté un amendement ô combien pertinent destiné à prévenir le téléspectateur, à l’instar de ce qui se fait pour avertir le public du début et de la fin des spots publicitaires à la télévision ou pour informer le lecteur de presse, grâce à la mention « communiqué » ou « publicité », que certaines pages de journaux ont été achetées par des États et des grands groupes. Le téléspectateur est en effet un consommateur dont il importe de garantir les droits, qui sont au cœur de l’article 26.
Cet amendement vise à assigner des missions précises au CSA qui, en tant que haute autorité de régulation, sera amené à encadrer le placement de produit et à sanctionner les dérives existantes. Pour avoir, ce week-end, regardé certaines émissions de divertissement…
M. Franck Riester: Vous avez du temps pour ça ?
M. Patrick Bloche: Cher collègue, lorsqu’on est amené à parler de télévision dans cet hémicycle, mieux vaut la regarder ! Je peux même vous dire qu’il s’agissait des Enfants de la télé, émission dans laquelle j’ai eu bien du mal à discerner les moments qui n’étaient pas consacrés à des placements de produit. Certes, en matière de produits culturels, nous avons tendance à être plus indulgents. Mais le problème de fond est qu’il existe une grande inégalité en ce domaine.
[...]
Posté par
Mao
à
23:00
0
commentaires
Commençons cette année avec un peu d'humour à l'Assemblée Nationale, voulez-vous?
[...]
M. le président: La parole est à M. Marcel Rogemont.
M. Marcel Rogemont: Le risque, avec cet article, c’est, comme avec les crustacés, de se retrouver avec rien : si vous faites cuire un homard trop longtemps, il se vide. Je sais que beaucoup ici sont friands de homard, moi aussi d’ailleurs.
M. Benoist Apparu: C’est de la nourriture de riches, ça ! (Rires sur les bancs du groupe UMP.)
M. Marcel Rogemont: Et le homard se cuit à point, juste ce qu’il faut.
M. Benoist Apparu: Après la gauche caviar, la gauche homard !
M. Marcel Rogemont: Quel rapport peut bien avoir cette remarque culinaire avec le sujet, me direz-vous ? Je vais vous l’expliquer. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)
M. le président: Laissez M. Rogemont développer sa recette. (Sourires.)
M. Marcel Rogemont: Il ne s’agit pas de celle du « homard Buzet » (Sourires), bien que j’aborde les aspects culinaires de ce texte.
Le gain net est, selon le rapporteur, le chiffre d’affaires 2009 moins le chiffre d’affaires 2008. Pour l’apprécier, il faut prendre en compte le chiffre d’affaires 2009, qui est égal au chiffre d’affaires 2008 multiplié par la croissance du marché…
M. Benoist Apparu: Et par le prix du homard !
M. Marcel Rogemont: …– sachant que le marché est en décroissance, mais cela ne fait rien –, ajouter le report publicitaire sur France Télévisions et déduire la taxe. Comment calculer le report publicitaire de France Télévisions ? En prenant 450 millions multipliés par le taux de captation. Qui me dira quel est le taux de captation ? Autant demander à quelqu’un qui ne sait pas faire cuire le homard quel est le temps de cuisson pour un homard d’un kilo !
Mme Valérie Rosso-Debord: Un homard à la sauce royale !
M. Marcel Rogemont: Et vous ne savez pas. Le seul élément stable de votre recette culinaire, c’est le chiffre d’affaires 2008, d’un montant de 2 858 millions d’euros. (Exclamations et rires sur les bancs du groupe UMP.) Je suis très sérieux. (« Nous aussi ! » sur les mêmes bancs.) Ce que je crains le plus avec cette recette, c’est que, de votre homard, il ne reste rien d’autre que la carcasse.
De cette affaire culinaire mal ficelée, je suggère d’exclure France Télévisions, autrement dit de ne pas taxer la publicité qui restera sur ses chaînes en dehors de la tranche horaire comprise entre vingt heures et six heures. J’attends fermement du rapporteur et de la ministre, non pas une recette de cuisine de homard, mais des explications sur le mode de calcul des composantes du gain net. Je veux savoir quel sera le report publicitaire de France Télévisions, comment sera calculé le taux de captation. En un mot, je veux savoir sur le fondement de quelles expertises vous avez pris vos décisions. (Applaudissements et rires sur les bancs du groupe UMP.)
M. le président: Ce grand moment vous vaut des applaudissements nourris sur les bancs de la droite.
M. Marcel Rogemont: J’ai bien compris qu’ils aimaient le homard !
M. Benoist Apparu: Apparemment, vous aussi !
M. Jean-Pierre Brard: Lui, il en rêve, ce n’est pas comme vous !
M. le président: La parole est à M. Patrick Bloche.
[...]
Posté par
Mao
à
22:41
0
commentaires
Comme si ça ne suffisait pas...
Quelques semaines à peine après l'annonce d'un plan de relance par Nicolas Sarkozy, le ministre du budget, Eric Woerth, a indiqué, mercredi 17 décembre, que le gouvernement tablait désormais sur un déficit budgétaire de l'ordre de 79,3 milliards d'euros en 2009, contre 57,6 milliards prévus initialement dans le projet de loi de finances 2009.
La prévision de croissance, à l'origine de 1 % à 1,5 % en 2009, a également été revue à la baisse. La ministre de l'économie, Christine Lagarde, ne l'estime plus que dans une fourchette de 0,2 % à 0,5 %.
Posté par
Mao
à
12:17
0
commentaires
Oh non, je ne tomberai pas dans le décadent débat sur le "pouvoir d'achat", notion que je récuse totalement vous comprendrez. Même une Aubry qui se dit contre une société de consommation (qu'elle a brillamment résumé par "consommez, consommez, consommez" cette semaine lorsqu'elle était interrogée sur le travail du dimanche) utilise cette "unité de mesure" (d'ailleurs comment la calcule-t-on?) issue de la classe libérale. Enfin toute la gauche en parle, même des anti-capitalistes comme Olivier. Ça doit parler au peuple...
Bref, pouvoir d'achat, pouvoir d'achat, on va pas en faire tout un plat!
Pourquoi les allocations familiales ne seront que majorées de 3% pour 2009 (alors que le coût de la vie augmente bien plus et que les salaires stagnent voire régressent) sous couvert d'une "économie générale des dépenses publiques", alors que l'Elysée s'engraisse toujours plus?
Je laisse la parole au Gouvernement. Quoique. Je suis même pas sûr qu'il ait à se justifier.
Volé sur LE MONDE.fr:
L'Elysée vient d'augmenter de 9,2 millions d'euros son budget initial pour 2008, soit une hausse de 9,1 %, a affirmé, mardi 16 décembre, dans un communiqué, le député apparenté PS René Dosière. Cette augmentation s'est faite par décret publié au Journal officiel électronique du 14 décembre 2008, a précisé M. Dosière, qui ironise sur le fait que cette "procédure discrète" n'ait pas été pas reprise dans l'édition papier du Journal Officiel.
Sur le même sujet
Edition abonnés Archive : Le budget de l'Elysée en hausse de 11 %, selon René Dosière
Vérification faite, un décret au JO du 14 décembre prévoit effectivement 9,2 millions d'euros pour la présidence de la République, sous forme "d'autorisation d'engagement" et de "crédits de paiement". En compensation, le même décret annule 9,2 millions de crédits sur les budgets des missions de la défense (5,3 millions) et de la sécurité (3,9 millions). Le décret est signé par le premier ministre, François Fillon, et le ministre du budget, Eric Woerth.
"Contrairement à l'an passé, l'Elysée n'a pas utilisé la procédure transparente de la loi de finances rectificative, qui est actuellement en cours de discussion au Parlement", commente M. Dosière. Le 15 octobre, le député avait affirmé que les crédits de l'Elysée pour 2009 étaient en hausse de 11,45 % par rapport à 2008. L'Elysée avait aussitôt répondu que son budget, "exemplaire de transparence et de bonne gestion", progressait en réalité de seulement "2 %". La différence entre les deux chiffres correspondait en fait à cette hausse de 9,1 % du budget 2008 accordée en fin d'exercice, qualifiée par René Dosière de "tour de passe-passe".
Posté par
Mao
à
21:13
1 commentaires
" Les ménages français sont aujourd'hui les moins endettés d'Europe. Or une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit pas en l'avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C'est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages [...]. Si le recours à l'hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l'emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué."
"Labécédaire des propositions de Nicolas Sarkozy" (2006) source
" La plupart des familles préfèrent posséder leur maison, mais elles ont besoin d'un peu d'aide pour le faire. Être propriétaire leur donne un sentiment d'indépendance, et de participer au pays. Mais l'accession à la propriété est une bonne chose, pas seulement du point de vue philosophique et social, mais aussi économique. Cela se révèle moins coûteux pour les finances publiques."
Margaret Thatcher, The Daily Telegraph - Londres - 27 sept. 1974
" Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d'abord par l'inflation, ensuite par la récession, jusqu'au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis."
Thomas Jefferson (1743-1826)
Posté par
Mao
à
12:21
2
commentaires
... goûtaient déjà aux joies de l'Administration. :)
Posté par
Mao
à
17:29
0
commentaires
Pompé sur LE MONDE.fr:
Le choix des militants socialistes, qui ont placé en tête la motion de Ségolène Royal lors du vote jeudi soir, a visiblement secoué au sein du parti : le sénateur Jean-Luc Mélenchon et le député du Nord, Marc Dolez, situés à gauche du parti, ont annoncé, vendredi matin 7 novembre, dans un communiqué, qu'ils quittaient le Parti socialiste pour créer un nouveau mouvement "sans concession face à la droite".
"Par fidélité à nos engagements, nous prenons notre indépendance d'action. Nous quittons le Parti socialiste", ont déclaré les deux élus, partisans de la motion de Benoît Hamon, qui a obtenu jeudi soir autour de 19 %. Ils ont annoncé "la construction d'un nouveau parti de gauche" et appelé "à la constitution d'un front de forces de gauche pour les élections européennes".
Ancien ministre délégué à l'enseignement professionnel du gouvernement Jospin entre 2000 et 2002, Jean-Luc Mélenchon a animé la gauche du PS depuis le début des années 1990. Il dénonce depuis la "dérive libérale" du parti. Le sénateur de l'Essonne avait participé en 2006 à la tentative de candidature unitaire de la gauche de la gauche, aux côtés de communistes, d'écologistes et d'altermondialistes.
"UN FRONT DE GAUCHE POUR LES EUROPÉENNES"
Très critique envers la campagne présidentielle de Ségolène Royal, Jean-Luc Mélenchon l'est tout autant du bilan de François Hollande à la tête du parti. Depuis plusieurs mois, il prône un rassemblement à gauche du PS du même type que Die Linke en Allemagne. Un parti qui rassemble des ex-communistes et des anciens sociaux-démocrates. "Ainsi que nous l'a montré en Allemagne Oskar Lafontaine avec Die Linke, nous décidons d'engager avec tous ceux qui partagent ces orientations la construction d'un nouveau parti de gauche", écrivent Mélenchon et Dolez.
Marc Dolez, député du Nord depuis 1988, est le seul député socialiste à avoir voté non à la ratification du traité de Lisbonne par le Congrès de Versailles. Situé à gauche du PS, il avait refusé la synthèse du congrès socialiste du Mans en 2005.
Posté par
Mao
à
11:44
2
commentaires
Volé du MONDE.fr:
Le décret sur "la préparation de l'intégration en France des étrangers souhaitant s'y installer durablement", comprenant l'évaluation obligatoire du "degré de connaissance de la langue française et des valeurs de la République" des candidats au regroupement familial, a été publié au Journal officiel, samedi 1er novembre. Ce décret est prévu par l'article 1er de la loi sur la maîtrise de l'immigration du 20 novembre 2007 et modifie le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Le décret dispose tout d'abord que le bilan de compétences professionnelles est organisé par l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrations (ANAEM) pour les signataires du contrat d'accueil et d'intégration pour "leur permettre de connaître et de valoriser leurs qualifications, expériences, et compétences professionnelles dans le cadre d'une recherche d'emploi". Ce bilan de compétences, fixé par l'ANAEM en fonctions des besoins de l'intéressé, ne concerne pas l'étranger mineur de 18 ans scolarisé, celui de plus de 55 ans ou celui qui justifie déjà d'un emploi.
Le décret organise également la "préparation de l'intégration dans la société française des étrangers au titre du regroupement familial ou en qualité de conjoints de Français". A cet effet, L'ANAEM ou un organisme délégataire "évalue dans le pays ou réside la personne postulant au regroupement familial, le degré de la connaissance de la langue française et des valeurs de la République dans les soixante jours" suivant la délivrance de l'attestation du dépôt de la demande de visa. Les modalités de l'évaluation seront fixées par arrêté. Si les résultats de l'évaluation font apparaître "un degré insuffisant" de connaissance de la langue française ou des "valeurs de la République", une formation assurée par l'ANAEM ou un organisme délégataire devra débuter "dans un délai maximum de deux mois". La durée de formation à la langue française, prescrite en fonction des résultats de l'évaluation, ne pourra être inférieure à 40 heures.
"ÉGALITÉ ENTRE HOMMES ET FEMMES, LAÏCITÉ"
La "formation aux valeurs de la République", "dispensée en une demi-journée au moins", porte sur "l'égalité entre les hommes et les femmes, la laïcité, le respect des droits individuels et collectifs, les libertés publiques, la sécurité et la sûreté des personnes et des biens et les règles régissant l'éducation des enfants".
A l'issue de la formation, une attestation de suivi sera délivrée à l'intéressé, faisant état éventuellement du "défaut d'assiduité", et transmise à l'autorité consulaire pour la demande de visa. L'intéressé fera alors l'objet d'une nouvelle évaluation. Si, à l'issue de la seconde évaluation, l'étranger atteint le niveau linguistique requis, il sera dispensé de formation linguistique à son arrivée en France. Dans le cas contraire, une formation lui sera prescrite à son arrivée en France dans le cadre du contrat d'accueil et d'intégration.
Par ailleurs, si un ou plusieurs enfants ont bénéficié de la procédure de regroupement familial, l'étranger admis au séjour en France et, le cas échéant, son conjoint de nationalité étrangère (sauf pour les ressortissants de l'Union européenne) devront suivre, à leur arrivée en France, "une formation d'une journée au moins, portant sur les droits et les devoirs des parents en France, notamment le respect de l'obligation scolaire".
Posté par
Mao
à
14:38
0
commentaires
Un résumé fort intéressant pour les non-avertis. Article de très bonne qualité :)
Le ministère de la justice annonce une réforme importante : celle du code pénal et du code de procédure pénale. Tous deux ont un même défaut : ils sont devenus incompréhensibles et incohérents. Trop de lois tuent la Loi, alors que le gouvernement veut la rendre davantage dissuasive vis-à-vis des délinquants. La réforme répond aussi aux inquiétudes exprimées depuis plusieurs années par les policiers, les magistrats et les avocats. Les enquêtes sont à tout moment menacées de s'effondrer pour des vices de forme. L'exercice des droits de la défense devient une gageure.
En pleine explosion carcérale, cette communication ministérielle a paru décalée. Car la chancellerie a omis de dire que sa politique pénale est la principale responsable de la situation. Dans une folle accélération législative, les gouvernements ont, depuis 2002, précipité le système judiciaire dans d'insupportables tensions : procureurs sous pression, tribunaux correctionnels engorgés, prisons surpeuplées.
Depuis la loi d'orientation sur la sécurité intérieure d'août 2002, et en comptant les textes sur l'immigration, qui comportaient un volet répressif, vingt lois nouvelles traitant de la matière pénale ont été adoptées. Les citoyens semblent pris dans une "extension sans fin du filet pénal", a ainsi résumé l'avocat honoraire Jean Danet. Ses caractéristiques sont connues. Les juges disposent d'une palette toujours plus large de peines, de la sanction-réparation pour les enfants de 10 ans, jusqu'à la rétention de sûreté à vie pour les criminels dangereux déjà condamnés. La société s'engage dans un renoncement progressif au droit à l'oubli, avec le développement des fichiers. En France, le tournant répressif pris après les attentats terroristes du 11-Septembre a d'abord été plus mesuré qu'aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne. Mais il s'est doublé de l'instrumentalisation, par Nicolas Sarkozy, de la justice pénale à des fins politiques. Sur ce point, la campagne d'opinion a démarré en 2003, sur le thème de la récidive. Puis la bataille présidentielle, ancrée à droite dans l'objectif de ramener vers le parti majoritaire les électeurs du Front national, a fait des récidivistes, mineurs ou adultes, des ennemis à combattre d'urgence.
Toute la communication du ministère de la justice se concentre depuis lors sur deux messages simples, inlassablement répétés : la lutte contre la récidive, la protection des victimes. "Toute l'institution judiciaire est activée dans ce but, explique le président d'un tribunal. Les procureurs généraux ont, cette rentrée, convoqué leurs procureurs avec un seul objectif : la lutte contre la récidive, dont il s'agit, après la phase législative, d'assurer la mise en œuvre technique." Dans cette deuxième phase, aux résultats encore incertains, la communication ministérielle se heurte à de premières contradictions. En juin 2007, les procureurs ont reçu ordre de recourir "systématiquement à la présentation immédiate des mineurs devant la justice et de ne pas hésiter à interjeter appel lorsque leurs réquisitions de placement en détention provisoire ne seront pas suivies". En juillet, la loi a permis de mieux exécuter les peines prononcées par les juges.
En octobre, face à l'émotion provoquée par le suicide d'un prisonnier de 16 ans à Metz, ces orientations ont été remises en cause publiquement. La garde des sceaux, Rachida Dati, a évoqué une décision injuste. Le substitut du procureur qui a mis à exécution la peine de l'adolescent raconte comment il a dû rendre des comptes à sa hiérarchie : "J'ai été reçu par cinq inspecteurs généraux, seul, dans une salle impressionnante, entre minuit moins le quart et minuit trente et interrogé sur mes fonctions, l'organisation du parquet de Sarreguemines, et la manière dont j'avais pris ma décision. (Celle-ci) est le genre de décision que tout parquetier prend de façon quotidienne à la permanence (...). Je n'ai fait que mon travail. Je suis rentré à Sarreguemines vers 1 h 30 du matin, sonné par la façon dont les choses s'étaient passées et reconvoqué pour le lendemain à 9 h 30." La chancellerie voudrait décourager le ministère public qu'elle ne s'y prendrait pas autrement. "D'un côté, on nous invite constamment à plus de sévérité, et de l'autre, dès que les effets de cette politique se font sentir, on tente de les adoucir", s'agace-t-on à la Conférence des procureurs.
PEINES MINIMALES SYSTÉMATIQUES
"La fermeté n'exclut pas l'humanité", assure Mme Dati. Mais le cap, en réalité, est bien gardé. Les peines planchers, que le gouvernement a rendues applicables aux moins de 18 ans, vont contribuer à remplir les prisons. A la rentrée, la chancellerie a donné pour instruction à tous les procureurs de faire appel des jugements écartant la peine minimale. Cinq procureurs généraux ont été convoqués parce que leurs tribunaux ne présentaient pas de statistiques satisfaisantes. Depuis 2005, le gouvernement a toujours pris soin de communiquer sur le fait que les peines minimales ne sont pas des peines automatiques comme dans le système américain puisque le juge, indépendant, peut encore y déroger dans des cas précis. Dans les faits, l'exécutif exige leur application systématique.
Les conséquences de cette politique ne pourront plus très longtemps être surmontées par la communication ministérielle sans risque. Dans les audiences des tribunaux correctionnels, elle se traduit par un renoncement aux principes de justice. Dans les prisons, elle aboutit à la perte de dignité des personnes, à la montée de la violence et à la progression des suicides, en raison de la surpopulation. Toutes choses condamnables par la Cour européenne des droits de l'homme.
Comme la tension devient trop forte dans l'opinion, Mme Dati remet sur le devant de la scène les politiques d'aménagement des peines (libérations sous condition, bracelet électronique, etc.). Ces politiques ont un réel fondement criminologique : un condamné accompagné pour exécuter sa sanction dans la société récidive moins. Mais elles restent périphériques et ne compenseront pas les effets délétères de l'inflation pénale. Les personnels pénitentiaires voient bien que la réalité court plus vite que l'ouverture de nouvelles places ou les nouvelles mesures en faveur de la réinsertion.
Quand l'impasse sera trop manifeste, le gouvernement devra trouver une échappatoire. Les magistrats savent que cette troisième phase sera celle de la mise en cause de leur responsabilité individuelle. M. Sarkozy avait mis ce chantier sous le boisseau. Les déboires de Mme Dati peuvent laisser penser qu'il va resurgir plus vite que prévu.
Nathalie Guibert (Service Europe-France)
Posté par
Mao
à
10:53
0
commentaires
Private joke ou blague juridique, z'avez compris le système hein...
Posté par
Mao
à
22:34
0
commentaires
L’aristocratie féodale n’est pas la seule classe qu’ait ruinée la bourgeoisie, et dont les conditions d’existence s’étiolent et dépérissent dans la société bourgeoise moderne. Les petits bourgeois et les petits paysans du Moyen Age étaient les précurseurs de la bourgeoisie moderne. Dans les pays où l’industrie et le commerce sont moins développés, cette classe continue à végéter à côté de la bourgeoisie florissante.
Dans les pays où s’épanouit la civilisation moderne, il s’est formé une nouvelle classe de petits bourgeois qui oscille entre le prolétariat et la bourgeoisie ; fraction complémentaire de la bourgeoisie, elle se reconstitue sans cesse ; mais, par suite de la concurrence, les individus qui la composent se trouvent sans cesse précipités dans le prolétariat, et, qui plus est, avec le développement progressif de la grande industrie, ils voient approcher l’heure où ils disparaîtront totalement en tant que fraction autonome de la société moderne et seront remplacés dans le commerce, la manufacture et l’agriculture par des contremaîtres et des domestiques.
Dans les pays comme la France, où les paysans forment bien plus de la moitié de la population, il est naturel que des écrivains qui prenaient fait et cause pour le prolétariat contre la bourgeoisie aient appliqué à leur critique du régime bourgeois des critères petits-bourgeois et paysans et qu’ils aient pris parti pour les ouvriers du point de vue de la petite bourgeoisie. Ainsi, se forma le socialisme petit-bourgeois. Sismondi est le chef de cette littérature, non seulement en France, mais aussi en Angleterre.
Ce socialisme analysa avec beaucoup de sagacité les contradictions inhérentes au régime de la production moderne. Il mit à nu les hypocrites apologies des économistes. Il démontra d’une façon irréfutable les effets meurtriers du machinisme et de la division du travail, la concentration des capitaux et de la propriété foncière, la surproduction, les crises, la fatale décadence des petits bourgeois et des paysans, la misère du prolétariat, l’anarchie dans la production, la criante disproportion dans la distribution des richesses, la guerre d’extermination industrielle des nations entre elles, la dissolution des vieilles mœurs, des vieilles relations familiales, des vieilles nationalités.
Dans sa partie positive, ce socialisme entend rétablir les anciens moyens de production et d’échange, et, avec eux, l’ancien régime de propriété et toute l’ancienne société, ou il entend faire entrer de force les moyens modernes de production et d’échange dans le cadre étroit de l’ancien régime de propriété qu'ils ont brisé, et fatalement brisé. Dans l’un et l’autre cas, ce socialisme est à la fois réactionnaire et utopique. Pour la manufacture, le régime corporatif ; pour l’agriculture, le régime patriarcal : voilà son dernier mot.
Au dernier terme de son évolution, cette école est tombée dans le lâche marasme des lendemains d’ivresse.
K. MARX, Manifeste du parti communiste
Posté par
Mao
à
15:37
0
commentaires
Les "Simpsons" accusés d'"extrémisme" en Russie
LE MONDE.fr 26/09/2008
Accusée de promouvoir l'extrémisme, la chaîne russe de télévision 2×2 est menacée de perdre sa licence. Tout a commencé le 8 septembre, quand, à la suite de la plainte d'un groupe de pentecôtistes (Roskhe), le parquet moscovite a décrété que la chaîne se livrait à une apologie de l'extrémisme et de la scatologie en diffusant des épisodes du dessin animé "South Park", qui montre les aventures d'une petite crotte.
Egalement sur la sellette, le dessin animé The Simpsons a été décrit par les experts du parquet comme une oeuvre subversive qui "viole les droits des enfants". La plupart des dessins animés diffusés par la chaîne "contredisent la loi pour la protection du développement moral et psychologique des enfants", a estimé le parquet.
PROTESTATION DES JEUNES
Le procureur a demandé à l'autorité de régulation des médias de prendre des mesures. La chaîne 2×2 pourrait essuyer un refus de renouvellement de sa licence, dès la mi-octobre.
"Je ne vois aucun extrémisme dans South Park, un dessin animé diffusé dans le monde entier", a expliqué Roman Sarkissov, le directeur de 2×2. Visiblement, pas mal de jeunes Russes pensent comme lui. Lundi 22 septembre à Moscou, des centaines d'adolescents se sont rassemblés en signe de protestation sur la place Pouchkine et à la station de métro Novoslobodskaïa. Dimanche à Saint-Pétersbourg, des jeunes avaient manifesté dans le square Tchernichevski.
Pourtant, le futur de 2×2 semble compromis. "Il faut remplacer ces émissions sordides par des programmes éducatifs. Le respect des valeurs familiales, le goût du sport et le patriotisme, voilà ce que nous devons encourager chez les jeunes", a décrété mardi Pavel Zyrianov, 25 ans, député de la Douma.
D'autres chaînes sont prêtes à récupérer le temps d'antenne de 2×2. Il faudra compter aussi avec les amis de Saint-Pétersbourg de Vladimir Poutine. Ainsi Iouri Kovaltchouk, l'ancien voisin du premier ministre, est en train de se constituer un véritable empire médiatique. Après avoir racheté en 2006 Ren TV, la dernière chaîne indépendante, l'oligarque aurait des vues sur 2×2. A en croire le magazine d'information New Times, il entretient les meilleures relations du monde avec les pentecôtistes.
Marie J.
Mouahahah, c'est quand même moins marrant que Bob l'éponge et les évangélistes...
Posté par
Mao
à
14:18
0
commentaires